La santé mentale au travail : nouvel enjeu des RH

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La santé mentale au travail : nouvel enjeu des RH

Les liens entre santé mentale et quotidien au travail, qu’ils soient positifs ou négatifs, ne sont plus à démontrer. 

S’il semble évident que notre état d’esprit et notre bien-être soient deux puissants moteurs d’engagement et de productivité professionnelle, la détresse psychique a elle aussi des conséquences désastreuses sur notre capacité à remplir correctement les missions qui nous sont confiées. 

Face à l’incertitude et l’inquiétude que provoque la pandémie de la Covid-19, le rôle des professionnels des ressources humaines évolue. Il englobe désormais de plus larges responsabilités, notamment en ce qui concerne la santé mentale au travail. 

Pour booster la productivité, limiter le turnover, et retenir leurs talents, les entreprises devront donc faire un effort pour leur offrir un environnement bienveillant. Elles doivent désormais être à l’écoute des besoins et parfois de la détresse de leurs collaborateurs. Au-delà du statut d’employeur, elles doivent maintenant apprendre à devenir un véritable ‘coach’ professionnel pour leurs talents. Zoom sur cette nouvelle tendance du monde du travail.

La santé mentale au travail : nouvel enjeu stratégique des Ressources Humaines

Toutes les études se penchant sur la santé mentale au travail mettent en évidence l’importance croissante du sujet. Mais aussi, l’urgence pour les entreprises de s’emparer de la question !

Dans son dernier rapport, la Fondation Pierre Deniker montre ainsi que 22% des personnes actives présentent une détresse trahissant un trouble mental. Une détresse qui touche plus fortement encore les femmes (à 26% contre 19% pour les hommes). Mais aussi les métiers ‘relationnels’ (28% contre 19% pour les métiers n’ayant pas ce type de responsabilités). En cause, des difficultés toujours plus importantes à mener de front vie professionnelle et personnelle (pour 15 % des interrogés). 

L’OCDE pointe également une augmentation des problèmes de santé mentale au travail. Un enjeu de taille que les entreprises auraient tort d’ignorer. En effet, sur 4 travailleurs présentant un trouble mental, trois font état d’une baisse de leur productivité. Leurs absences sont aussi beaucoup plus fréquentes. En outre, près de la moitié des demandes de pensions d’invalidité sont désormais motivées par une mauvaise santé mentale.

L’OCDE invite d’ailleurs les entreprises à agir. Elle pointe la précarisation des emplois et la pression comme méthode managériale comme les principaux facteurs d’aggravation des problèmes de santé mentale. Pour y répondre, l’OCDE encourage une nouvelle approche, qui consiste notamment à venir en aide aux actifs dans le besoin. Mais aussi, à prévenir plutôt que guérir, en garantissant notamment de bonnes conditions de travail et un suivi systématique. 

Ces recommandations peuvent être organisées autour de quatre piliers fondamentaux…

Les 4 piliers d’une meilleure prise en charge de la santé mentale au travail

Bonne nouvelle : la plupart des problèmes de santé mentale courants, y compris le stress au travail, peuvent être soignés. Pourtant, entre 50 et 70% des personnes concernées ne reçoivent aucune aide au travail. 

S’il ne revient pas aux entreprises et à leur équipe RH de se substituer aux pouvoirs publics et sanitaires, elles ont tout de même un rôle à jouer pour prévenir l’apparition de tels troubles dans leurs équipes. Leur enjeu principal ? Identifier efficacement les collaborateurs touchés, et leur apporter l’écoute et les ressources dont ils ont besoin.

1. Identifier les personnes éprouvant des problèmes de santé mentale 

La première étape pour cultiver un environnement de travail sain et bienveillant ? Se montrer à l’écoute de ceux et celles rencontrant des problèmes de santé mentale. Pour identifier les collaborateurs qui pourraient avoir besoin de votre aide, vous devez cultiver un environnement propice au dialogue. En commençant par planifier des échanges réguliers, en groupe et individuels, pendant lesquels vos équipes pourront exprimer leurs préoccupations. Ou bien, en mettant à leur disposition des outils numériques facilitant le partage de feedback. 

 

2. Accroître la sensibilisation pour éviter la stigmatisation

La sensibilisation aux enjeux de santé mentale doit également permettre aux responsables RH de se familiariser avec les stigmates l’entourant. Cela évite les maladresses qui pourraient empêcher un collaborateur de demander de l’aide en cas de besoin. La peur d’une réaction négative de ses collègues et supérieurs, d’être mis de côté ou traité différemment peut en effet le pousser à rester dans le déni, ou à taire ses problèmes. Deux solutions d’évitement qui ne font que retarder l’implosion, parfois sous forme de burn out.

Renseignez-vous également sur le langage le plus approprié vis-à-vis de vos collaborateurs, pour éviter qu’ils ne se sentent jugés. Il est aussi important de comprendre l’approche à adopter pour apporter son soutien, sans tomber dans la positivité toxique. Pensez en outre à aborder les questions de confidentialité et les solutions discrètes qui peuvent changer la donne sans alarmer le reste de l’équipe.

3. Fournir des ressources et s’appuyer sur des experts

Même si vous former en santé mentale peut faire une énorme différence sur le bien-être de vos collaborateurs, votre équipe RH ne pourra jamais se substituer complètement à l’approche de professionnels. C’est d’autant plus le cas si les troubles que rencontre l’un de vos collaborateurs sont trop aigus pour être pris en charge par vos soins. 

En matière de prévention, des ressources utiles existent pour sensibiliser vos équipes, et leur fournir une aide personnalisée. De nouvelles applications ont essaimé dans le contexte de la pandémie actuelle. C’est le cas de Moodwork qui propose des outils d’analyse (bilan de bien-être et d’épuisement professionnel), des fiches de conseils actionnables et programmes d’e-learning dédiés.

Autre élément à ne pas négliger : votre programme de retour au travail pour les collaborateurs. C’est en effet un excellent moyen de les ramener à leur routine après qu’ils aient pris du temps pour eux. Vous pouvez par exemple leur permettre d’aménager leur emploi du temps, de travailler plus régulièrement à domicile, etc. L’idée étant de normaliser la flexibilité comme moyen de prévenir, ou de guérir.

4.Encourager l’empathie à tous les niveaux

Historiquement, les dirigeants se sont largement reposés sur les ressources humaines pour communiquer avec leurs collaborateurs sur des sujets ayant principalement trait à la performance et la formation. Ils ont souvent mis de côté tout ce qui pouvait avoir trait à la santé en général, et à la santé mentale au travail en particulier. 

Des efforts concrets doivent désormais être menés pour encourager une culture interne plus empathique en entreprise. Le nouvel enjeu des RH est ainsi de s’assurer qu’à tous les niveaux de l’entreprise, la bienveillance, le sens de l’écoute, et la reconnaissance de tels troubles sont la norme. 

Une récente étude menée par McKinsey & Company montre qu’actuellement, environ 3 collaborateurs sur 4 déclarent avoir désigné un responsable en santé mentale, dont 40% à des postes de direction. Ses responsabilités comprennent l’évaluation des prestations et la garantie de l’accès au traitement. Mais aussi, le monitoring du bien-être et des besoins en santé mentale des collaborateurs, ainsi que la gestion des programmes liés à la santé comportementale ! Un nouveau job à part entière, qui devient plus stratégique d’année en année…

 

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